06 décembre 2009

Non à la casse !

Le projet de démantèlement du service public de formation des maîtres a de multiples effets désastreux. D'une part, la formation au rabais voulue par cette réforme constitue une réelle menace pour la qualité de l'éducation dispensée aux enfants, et les étudiants professeurs sont dans une situation intolérable. D'autre part, en cassant l'outil de formation, les pouvoirs publics génèrent une casse économique et sociale dont il faut avoir conscience.

L'IUFM compte 60 contractuels. L'université d'Artois a elle aussi des contractuels :108.  Soit un total de 168 salariés. Des familles sont terriblement inquiètes. Perspective : chômage ? Menu quotidien : détresse, angoisse et déprime. Et un épouvantable sentiment de mal-être : comment et pourquoi être considérés comme des kleenex après avoir si bien participé à l'intérêt général, aux côtés des fonctionnaires ? Le collectif IUFM EN LUTTE exprime sa totale solidarité envers l'ensemble de ces collègues, de l'IUFM et de l'U.A. Les pouvoirs publics peuvent-ils fermer les yeux face à une telle situation ?

Les personnels non enseignants sont indispensables. Total IUFM + Université d'Artois : plus de 700 salariés, qui s'occupent de l'entretien, la restauration, la maintenance, l'administration : grâce au travail accompli, les étudiants évoluent dans un environnement propice aux études. Dans ces familles, l'équilibre du budget n'est pas facile.Un seul exemple : les salaires étant ce qu'ils sont, il est difficile, impossible,  ne serait-ce que sur le plan financier, d'envisager des déplacements  de 100 ou 200 km par jour l'année prochaine. Fermeture de sites ? Réduction des effectifs ? Réaffectation ? L'inquiétude générée par toutes ces incertitudes (mystère total !) a atteint les limites du supportable. Les pouvoirs publics ont-ils conscience de la situation dramatique et désespérante que vivent actuellement ces centaines de familles dans le Nord Pas de Calais ?

Le collectif exige que les Autorités soient à l'écoute de notre détresse. Il faut prendre la peine de mesurer la gravité de la situation. Au gâchis sur le plan économique ne doit pas s'ajouter la casse sur le plan humain. Le collectif demande qu'un véritable dialogue s'instaure.  Au plus vite ! Il y a urgence.

Posté par collectifiufm à 10:49 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Non à la casse !

    Ce sont les plus précaires qui vont trinquer !

    Juste pour être plus explicite, et bien que cela ne soit certainement pas central dans ce débat, une petite explication de texte, afin de permettre de mieux comprendre pourquoi, au-delà des décisions idéologiques du gouvernement, le bazar de la masterisation des concours en Nord-Pas de Calais est aussi lié au choix des décideurs locaux de régler des vieux comptes personnels = guéguerre des chefs dont l'ensemble des personnels vont être les premiers à payer les pots cassés.

    Ainsi, en ne souhaitant pas indiquer clairement leurs intentions, tous les présidents des universités (y compris celui de l'Artois) ont une attitude irresponsable, indigne de leurs hautes fonctions...


    Historiquement, chaque IUFM a été créé pour former selon les mêmes modalités l'ensemble des enseignants d'une académie.
    Ainsi, pour l'ensemble de l'académie de Lille, c'est jusqu'à aujourd'hui l'IUFM Nord-Pas de Calais qui assume/assure cette mission.
    Ainsi, il est finalement peu judicieux de parler de "l'IUFM de Douai" ou de "l'IUFM d'Outreau, puisqu'il n'y a en fait sur toute l'académie en tant que tel qu'un seul IUFM, il n'y a d'ailleurs qu'une seule direction de l'IUFM Nord-Pas de Calais, dont les bureaux sont à Villeneuve d'Ascq et dont les sites de formation sont des "antennes locales", ce qui permet d'apporter le même service à tous les étudiants et à tous les enseignants stagiaires quelque soit leur lieu de formation ou de résidence sur toute l'académie (certains enseignants de l'IUFM interviennent d'ailleurs parfois sur plusieurs sites de formation). Vouloir "sauver" l'un ou l'autre des sites, c'est un peu se tromper de combat...
    ... à la limite, peu importe comment doit s'appeler l'appeler l'endroit où vont être accueillis les futurs enseignants, si c'est pour être réellement formés à leur futur métier (si possible au plus près de chez eux), dans des lieux où l'ensemble du personnel (BIATOS + enseignants) est compétent.


    Un autre point qui semble échapper à tout le monde (ou presque) : tuer l'IUFM, c'est tuer l'université d'Artois !
    Pour être plus clair, empêcher les personnels de l'IUFM de travailler l'année prochaine, c'est couler l'université d'Artois...
    Car depuis l'intégration de l'IUFM Nord-Pas de Calais dans l'Université d'Artois, en janvier 2008, tous les personnels de l'IUFM Nord-Pas de Calais sont personnels de l'Université d'Artois.

    En effet, l'IUFM, ses étudiants, ses fonds de réserves financières, ses postes non-pourvus étaient une belle proie pour toutes les universités de la région.
    L'Artois ayant été la seule université à avoir réellement passé un peu de temps à rédiger son dossier de candidature à tout à fait logiquement remporté la mise. Au nez et à la barbe de quelques plus grosses universités qui s'estimant suffisamment légitimes n'avait en fait pas vraiment soigné leur dossier.


    La déception des "grosses", s'est trouvée très vite alimentée par la triste suffisance de l'Artois qui telle la grenouille plus grosses que le boeuf se mit à pavaner annonçant que désormais que "son drapeau flottait sur toute la région".

    Après s'être donc fâché avec tous les Présidents des universités de la région, le Président de l'Artois décida que son règne ne serait parfait qu'au jour de la mise à mort du directeur de l'IUFM. Le directeur de l'IUFM ayant très souvent raisons sur le fond, mais malheureusement encore plus souvent tord sur la forme (interventions généralement maladroites), il était facile de justifier qu'il était l'homme a abattre. DGB ayant malheureusement réussi à se fâcher avec bon nombre de ses collègues enseignants à Lille3 et à l'IUFM, les vocations "collaboratrices" n'eurent pas trop de mal à poindre et chacun s'employa rapidement à nourrir le dossier à charge du Président de l'Université d'Artois à l'encontre du Directeur de l'IUFM Nord-Pas de Calais.

    Pendant que tout ce petit monde est très occupé dans des querelles de bac à sable et que chacun se focalise qui sur un seau, qui un râteau ou une pelle... ou tout "objet symbolique" qui tel désiré devient soudain le seul objet important à ses yeux, tout le monde (ou presque) a perdu de vue deux tsunamis qui s'annoncent pourtant depuis quelques mois :
    - la masterisation des concours (septembre 2010) = tout étudiant de n'importe quelle université ayant un master (n'importe lequel) peu passer des concours qui jusqu'ici ne pouvaient être préparé qu'à l'IUFM. Et de plus il n'y aura plus de formation professionnelle qui jusqu'ici ne pouvait elle aussi se faire que dans un IUFM. Et donc que l'IUFM va être vidé de ses étudiants !

    - les responsabilités étendues liées aux libertés et responsabilités des universités (LRU) = chaque université sera bientôt totalement autonome en terme de budget : à charge pour elles de trouver dans son budget comment payer ses personnels (qui ne seront plus payés par l'état)

    Tout le monde a perdu de vue ces choses-là...
    ...uniquement à l'Artois, parce que dans les autres universités, on pouffe de rire à la bonne blague qui s'annonce pour la pathétique grenouille qui n'arrive toujours pas à enfler malgré tous ses efforts

    Car en fait la "masterisation des concours" va priver l'université d'Artois de près de 90% des flux d'étudiants de l'IUFM Nord-Pas de Calais, et que dans leur grande mansuétude, les autres universités de la région (dont les effectifs "fondent") ont choisi d'accueillir à bras ouverts les étudiants (une bonne part du budget des universités est directement liée au nombre d'étudiants), mais ces universités préfèrent que leurs portes restent fermées pour les personnels de l'IUFM (qui vont "coûter"...).

    Voilà le marché de dupes régional :
    Morzi, on te pique tous les étudiants et toi tu gardes tous les personnels et tous les bâtiments. Comme ça on sera tranquille vu que le jour où tu devras payer la masse salariale liée aux personnels de l'IUFM (+40%, par rapport au budget de l'Artois) qui n'auront plus de travail, ben ton université elle va couler et on pourra même ensuite récupérer les derniers étudiants.

    Elle est super la bonne blague que les présidents des autres universités de la région ont fait à Morzi !

    En plus on le voit bien jusqu'ici, ni la corporation des enseignants, ni la société civile, ni aucun parti d'opposition (en reste-t-il ???) ne souhaitent réellement prendre la défense d'un bouc émissaire (IUFM) sur lequel la quantité d'anathèmes jetés depuis sa création est hallucinante :
    Si enseigner n'est pas un métier, si tout le monde peut enseigner sans formation, comment (pourquoi ?) défendre une corporation de personnels qui prétendent participer à la formation à un "non métier"...

    Il est d'ailleurs "amusant" (on rit un peu jaune quand même...) de constater qu'au sein même de l'université d'Artois, un ostracisme violent fait que parmi les enseignants ou l'équipe proche du Président, les collègues de l'IUFM sont regardés avec le plus profond mépris : il n'est même pas sûr qu'on leur permettent de travailler sur les sites de l'Artois !

    Grâce à tous ces discours idéologiques plus ou moins méprisants et à la non décision des présidents des universités de la région Nord-Pas de Calais, près de 600 personnes ne savent toujours pas quelle sera leur activité professionnelle le 1er septembre prochain.

    Cela semble en amuser beaucoup, qui disent déjà "vu qu'ils ne faisaient pas grand chose..." en évoquant les enseignants.


    Mais il ne faudrait pas oublier que dans les universités, il n'y a pas que des enseignants : il y a aussi tous les personnels BIATOS qui contribuent grandement (parfois sans que personne ne s'en rende toujours bien compte) à la qualité des prestations et du service rendu aux usagers.

    L'effet mécanique d'une obligation de repli de tous les personnels de l'IUFM Nord-Pas de Calais sur le "territoire naturel historique de l'Artois" risque d'avoir deux conséquences :
    - certains personnels pourraient devoir effectuer 100 à 200 km par jour pour se rendre à leur travail (inconcevable pour ceux dont le salaire est du niveau du SMIC !)
    - près de 170 contractuels au chômage.

    Selon le rapport de l'Aeres (paru en novembre 2009), "L'intégration de l'IUFM Nord-Pas-de-Calais comme école interne devrait permettre « de faire de l'université d'Artois une 'université ressource' en matière de formation des maîtres et sur les questions d'enseignement, d'éducation et de formation »" [...] « On peut souhaiter que le PRES joue en la matière un rôle de régulateur déontologique »

    Voilà pourquoi, il est urgent que le PRES joue en la matière un rôle de régulateur déontologique (pour reprendre les terme de l'Aeres).

    Car pendant que chacun joue au chat et à la souris dans le bac à sable, en bons hussards pas très républicains, près à sortir le champagne pour fêter la victoire des idéologies dévastatrices qui coulent les IUFM et au-delà d'une qualité de la formation des enseignants dont plus personne n'a que faire, il est maintenant urgent de concevoir au plus vite un projet de reconversion des personnels, à l'échelle de la région, afin d'éviter le choc social qui s'annonce.

    Mesdames et messieurs les décideurs, si vous ne faites rien, ce sont en fait plusieurs centaines de personnels les plus précaires qui vont trinquer.

    Posté par Totor, 06 décembre 2009 à 16:59 | | Répondre
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