IUFM en lutte

Blog du collectif IUFM Nord Pas de Calais

14 juin 2009

Rencontre Artois / IUFM

Collègues de l'IUFM et collègues de l'université d'Artois organisent à Arras, ce mercredi 17 juin, de 14h à 17h, une réunion débat sur la formation des enseignants.  La réunion, initialement prévue à l'IUFM, aura lieu au Bâtiment Lettres de l'Université (le premier, à droite après la grille d'entrée rue du Temple), salle LM11 (1er étage).

Seront abordés :
- l'analyse des décrets en préparation du Ministère sur la formation des Professeurs des Ecoles et des enseignants des lycées et collèges, décrets qui peuvent être publiés dès cet été ;
- les propositions alternatives de formation des enseignants,notamment après la rencontre nationale de la Coordination Nationale de la Formation des Enseignants du 6 juin dernier ;
- les actions possibles face à la politique actuelle du Ministère dès la rentrée.

Tous les collègues, étudiants, acteurs du service public d'éducation sont les bienvenus.

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11 juin 2009

Motions votées par la Coordination Nationale pour la Formation des Enseignants, samedi 5 juin

MOTION 1 : RETRAIT IMMÉDIAT DE LA NOTE DE SERVICE HETZEL DU 5 JUIN

Alors que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets, hier, 5 juin, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a anticipé sur leur publication. Il adressé aux présidents d’universités et aux recteurs une note de service qui les engage à commencer la mise en œuvre de la réforme de la formation des maîtres par la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010.
Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, cette note anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.
C’est une nouvelle provocation envers la communauté universitaire, les enseignants et les formateurs des UFR et des IUFM. C’est une nouvelle humiliation pour les instances universitaires : ce texte est envoyé aux présidents d’université alors que les ministères ont mis en place la commission dite de « concertation » Marois-Filâtre, qui a à peine commencé ses travaux.
C’est un déni de la volonté des instances universitaires, qui ont refusé de la façon la plus massive et la plus catégorique le projet de réforme gouvernemental. Et c’est une façon perverse de concevoir l’autonomie des universités puisqu’on leur dit en somme : mettez en œuvre de la manière qui vous conviendra cette réforme dont vous ne voulez pas.
C’est une atteinte sans précédent à l’égalité des étudiants : les critères d’attribution des équivalences pourront être « modulés » d’une université, d’une UFR ou d’un IUFM à l’autre. Qui pourra assurer que l’équivalence accordée à Lille le serait à Toulouse, que l’équivalence accordée en maths ici le serait en espagnol là ? Ce texte ébranle le cadre national des diplômes et porte atteinte à la souveraineté des jurys.
On peut s’étonner que le ministère, qui s’est affirmé récemment si soucieux de préserver la valeur des diplômes et leur contenu, improvise ainsi des critères de validation fantaisistes.
La Coordination nationale formation des enseignants demande au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’annuler ce texte. Elle demande aux syndicats d’attaquer cette note de service par tous les moyens, de ne pas participer aux auditions de la commission Marois-Filâtre et de se retirer des « groupes de travail ». Elle appelle les instances universitaires à refuser d’appliquer cette note et à exiger son annulation. Elle appelle la Conférence des présidents d’universités et la CDIUFM à refuser dès aujourd’hui de continuer à siéger dans la commission Marois-Filâtre tant que ce texte et les projets de décrets sur le recrutement des enseignants ne sont pas retirés.

MOTION 2 : PROPOSITIONS D'ACTIONS

La CNFDE appelle à la poursuite de l'action sous toutes ses formes, pour mettre en échec le putsch gouvernemental et la promulgation à marche forcée des décrets modifiant le recrutement et la formation des enseignants.
• La CNFDE, en accord avec la Coordination Nationale des Universités, appelle à l'unanimité tous les syndicats à voter contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009.
• La CNFDE va proposer à tous les signataires de l'appel « Formation des enseignants : le temps presse ! » un nouvel appel demandant le retrait des projets de décrets et la reconduction pour 2010 des dispositifs actuels de recrutement et de formation des enseignants. Une conférence de presse sera organisée pour le lancement de cet appel.
• La CNFDE recommande à tous les jurys (concours, examens, qualification professionnelle) d'utiliser tous les moyens possibles pour exprimer leur condamnation de la réforme gouvernementale : rétention de notes, motions, blocage administratif.
• La CNFDE appelle à organiser dans chaque université le blocage administratif de l'application de la circulaire Hetzel du 5 juin (voir la déclaration ci-dessous) : pas de remontée des maquettes de masters « enseignement », pas de mise en place des équivalences de M1 et M2, les PLC1 doivent être inscrits administrativement dans les IUFM.
• La CNFDE appelle à prévoir, à organiser et à annoncer dès maintenant des actions dès la rentrée : grèves sous toutes leurs formes, manifestations, diffusions de tracts, etc.
• La CNFDE appelle à l'organisation, dans chaque établissement, de journées d'étude et de concertation réunissant des formateurs des IUFM et des UFR pour élaborer collectivement une autre réforme de la formation des enseignants. Le CNFDE fera des propositions pour coordonner ces assises locales et leur donner une visibilité nationale.
• La CNFDE appelle à participer aux manifestations du 12 juin devant le CSFPE, du 13 juin, et à toutes les manifestations qui pourraient être organisées, localement ou nationalement, dans le cadre du mouvement de refus des contre-réformes gouvernementales.
• La CNFDE appelle à organiser partout, et en particulier en direction des parents d'élèves et des lycéens passant le bac, des distributions de tracts (et spécialement le 4 pages « École en danger ») expliquant les raisons de notre mouvement.

Motion 3 : AMÉLIORER LA FORMATION DES ENSEIGNANTS : SUR QUELS PRINCIPES ?

Modifier en profondeur la formation des enseignants, c’est s’engager sur le long terme. Concevoir une réforme demande donc du temps, des espaces de négociation avec toutes les parties prenantes. C’est pourquoi il faut reconduire immédiatement et intégralement les modalités, conditions et plans de formation pour les lauréats des concours de 2010. Une réforme de la formation des enseignants doit être conforme aux principes suivants :
1. Le recrutement des enseignants des 1er et 2nd degrés doit s’opérer systématiquement à travers des concours nationaux donnant lieu, pour les lauréats, à l’obtention d’un poste de fonctionnaire d’État.
2. Le recrutement des PLC certifiés, des PE et des PLP doit se réaliser au même niveau du cursus universitaire.
3. Un cadre national doit garantir l’unité des formations et la qualité des recrutements.
4. La formation initiale professionnelle et rémunérée après le concours, avec un statut de fonctionnaire stagiaire, doit avoir lieu sous la responsabilité des IUFM, écoles professionnelles interuniversitaires, dont le potentiel actuel doit être préservé et renforcé. Durant l’année post-concours, la formation doit respecter l’équilibre suivant : 1/3 du temps pour la prise en charge de classes en responsabilité, 2/3 pour l’analyse de pratique et les autres modes de formation.
5. Une formation des enseignants de qualité doit être une formation en alternance, mobilisant des équipes de formateurs pluricatégorielles.
6. La formation continue doit être d’emblée articulée au dispositif de formation initiale. Celle-ci doit comprendre aussi un accompagnement à l’entrée dans le métier.
7. Nous demandons une structure académique interuniversitaire pour la formation initiale, la formation continue et la recherche en éducation, intégrant le potentiel de formation et de recherche des IUFM et permettant de renforcer les coopérations entre les UFR et les IUFM dans les formations académiques et professionnelles.
8. Il faut développer la formation continue de tous les formateurs d’enseignants, quelle que soit leur catégorie.
9. Compte tenu des besoins actuels, il faut augmenter le nombre de postes mis au concours et assurer sa visibilité à moyen terme à travers un plan pluriannuel de recrutement.
10. Les étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement doivent bénéficier d’allocations d’étude ou de dispositifs de prérecrutement.
11. Nous refusons la juxtaposition dans la même année du M2, des épreuves des concours, des stages en responsabilité, etc. qui en ferait une année ingérable, aboutirait à dévaloriser les masters et inciterait au bachotage.
12. Toute réforme doit aboutir à une véritable amélioration de la qualification professionnelle des enseignants.

Le temps a manqué pour aborder les points suivants, sur lesquels il faudra approfondir la discussion :
• La formation actuelle des enseignants à Bac + 5, dans le cadre universitaire, doit être reconnue par la délivrance d’un master.
• La revalorisation, qui doit bénéficier à l’ensemble des enseignants et des personnels, ne doit pas être dépendante de la réforme de la formation.
• Place des concours : L3, M1, M2, après M2 ?
• Modalités de financement des études : allocations d’étude, allocation de formation, prérecrutement…
• Articulation formation-recherche : initier tous les enseignants aux démarches de la recherche (scientifique, didactique et pédagogique) ; la formation prend appui sur les recherches.
• Possibilité de réorientation.
• Préprofessionnalisation en licence.

Motion type sur la note Hetzel :
Ce texte est proposé pour être voté dans toutes les instances qui ont trait à la formation des enseignants (jurys, Conseils d'université, UFR, collèges disciplinaires,...) avec les adaptations utiles.

NOUS REFUSONS DE METTRE EN ŒUVRE LA NOTE HETZEL
Alors que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets modifiant le recrutement des enseignants, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche anticipe sur leur publication avec la note de Patrick Hetzel, Directeur de la DGESIP, sur la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010, note qu’il a adressée le 5 juin aux présidents d’universités et aux recteurs.

Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, ce texte anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.

Nous refusons de contribuer, quelles qu’en soient les modalités, à l’application de la note Hetzel et à la définition des critères de délivrance des équivalences de M1 et M2.

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10 juin 2009

Réaction de Darcos

Dépêche AEF du 10 juin, 14 h 27
Masterisation : « J'aime beaucoup la CPU mais je pense surtout aux 
étudiants » (Xavier Darcos)
« C'est un petit épisode sur une période longue, de 7 à 8 mois [de 
travail] qui a eu ses hauts et ses bas », déclare Xavier Darcos, 
ministre de l'Éducation nationale mercredi 10 juin 2009, commentant 
la décision de la CPU de suspendre sa participation à la commission 
Marois-Filâtre (L'AEF n°115327). Cette décision intervient alors que 
« le ministère de l'Éducation nationale refuse de revenir sur les 
dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des 
enseignants » (L'AEF n°114946), qui « anticipent le résultat des 
travaux de la commission Marois-Filâtre », explique la CPU.

« Ça s'est tendu, mais pas beaucoup non plus ! Il ne faut pas 
exagérer », nuance Xavier Darcos, « Nous allons continuer à 
travailler de la bonne manière. Je pense que l'on peut considérer que 
les choses avancent », ajoute le ministre. « J'aime beaucoup la CPU 
(…) mais je pense surtout aux étudiants », se destinant aux carrières 
de l'enseignement, et qui ne peuvent pas attendre « octobre » pour 
savoir comment se déroulera leur année.

Le ministre affirme « travailler beaucoup » sur le dossier de la 
masterisation, qui fait l'objet d'un « consensus », estime-t-il. Les 
décrets statutaires validant la masterisation font l'objet d'un 
examen devant plusieurs « instances », explique Xavier Darcos, avant 
un passage en Conseil d'État.

« À ma grande surprise », ironise le ministre, le CTPM du 28 mai a 
d'ailleurs adopté ces projets de décrets (L'AEF n°114728). La FSU 
s'est abstenue, rappelle-t-il, ce qui « revient à ne pas voter contre 
».

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Communiqué de la CPU

La CPU quitte la commission Marois-Filâtre

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03 juin 2009

COMMUNIQUÉ DE LA FCPE (27/05/09) : "LA FCPE REFUSE QUE LA FORMATION PROFESSIONNELLE DES ENSEIGNANTS SOIT ANÉANTIE"

Information publiée le jeudi 28 mai 2009 par Fabula (source : Coordination
Nationale des Universités)

 La FCPE refuse que la formation professionnelle des enseignants soit anéantie. Les élèves n'ont rien à gagner à la réforme de la formation des enseignants que prépare le gouvernement. Le CTPM (Comité technique paritaire ministériel) devait examiner aujourd'hui les projets de décrets présentés par Xavier Darcos. Les mesures envisagées anéantissent la formation professionnelle des enseignants alors que celle-ci est revendiquée par tous comme indispensable pour faire réussir tous les jeunes dans toutes leurs différences. Les parents d'élèves veulent que cette formation soit renforcée alors que le ministre la réduit de moitié. Les nouveaux enseignants seront très insuffisamment, pour ne pas dire pas du tout, formés à la pédagogie et à la psychologie de l'enfant. Le ministre propose uniquement de rallonger la formation disciplinaire des enseignants d'une année pour atteindre le niveau master. Formation non rémunérée, qui sera à la charge des étudiants et par conséquent de leurs parents, ce qui ne pourra conduire qu'à faire de l'enseignement une filière encore plus sélective socialement qu'aujourd'hui.

Avec la suppression des IUFM, l'État se désengage de la formation de ses personnels pour la confier aux universités mises en concurrence. Cela ouvre la voie à une privatisation de cette formation. L'accord signé par l'Etat avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par les universités catholiques est-il en rapport avec ce choix ?

Non, les parents d'élèves ne veulent pas d'enseignants non formés. Enseigner est un métier qui s'apprend !

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26 mai 2009

Les voies de la démocratie laïque...

Accords Vatican-Kouchner : la riposte s'organise

L'action en vue de l'annulation du décret publiant l'accord avec le Vatican s'organise. Rappelons brièvement de quoi il s'agit.

 

Le 18 décembre dernier la France a signé avec le Saint Siège un traité international permettant aux établissements d'enseignement supérieur habilités par la Congrégation pour l'éducation catholique de délivrer des grades et des diplômes. Rappelons incidemment que l'État du Vatican est une théocratie dans laquelle le pape dispose d'un pouvoir absolu sans contre pouvoirs institutionnels. La séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire y est évidemment absente en revanche la confusion entre pouvoirs spirituel et temporel est totale. Cette double qualité du Saint Siège, à la fois acteur international et autorité religieuse est source d'ambiguïtés entrainant dans le présent cas plusieurs illégalités manifestes. Ces caractéristiques intrinsèques expliquent en partie que le Vatican ne soit ni membre de l'ONU (en tant qu'État partie) ni membre de l'Union Européenne qui impose des conditions démocratiques pour toute admission.
  Cet accord international avec le Saint Siège fut publié par décret n° 2009-427 du 16 avril 2009. Il ne s'agit pas dans le cas présent d'une simple reconnaissance d'équivalence comme il en existe avec les États européens, mais d'une capacité nouvelle donnée à un État étranger (le Vatican) de délivrer des grades et des diplômes sur le territoire d'un autre État souverain : la France. Le protocole additionnel précise que « les Universités catholiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint Siège » et établis sur le territoire français pourront délivrer l'ensemble des diplômes et grades dans toutes les spécialités.

 

  Une saisine du Conseil d'Etat pour excès de pouvoir est en préparation.
  Une conférence de presse est prévue le 3 juin à 11h à l'Assemblée nationale avant le dépôt de la saisine.
  Plusieurs députés préparent un projet de loi rappelant le caractère intangible du monopole de la collation des grades.

  Outre la pétition qui a recueilli à ce jour 6700 signatures, chaque citoyen est invité à interpeller le gouvernement en envoyant une lettre au Premier ministre s'inspirant du texte à télécharger ici.

  Informations sur le blog du Collectif pour la promotion de la laïcité.

Info tirée du blog mezetille.net de Catherine Kintzler; reprise par fabula

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Décrets instaurant la « masterisation »

Alors que la commission Marois-Filâtre chargée de déminer l’épineux dossier de la réforme de la formation des enseignants doit rendre ses conclusions le 15 juillet, les projets de décrets instaurant la « masterisation » viennent d’être publiés (!!!) Ils doivent passer en comité technique paritaire ministériel (CTPM) le 27 mai, et au conseil supérieur de la fonction publique le 12 juin (médiapart 21 mai 2009 avec reprise par fabula).

Voici les décrets en question :
d_cret_PE_15_05_09__1_
D_cret_PE_Polyn_sie_15_05_09__1_
d_cret_certifi_s_15_05_09
d_cret_agr_g_s_15_05_09__1_
d_cret_agr_g_s_15_05_09__1_

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Motion adoptée par le CEVU de l'université d'Artois le 20 mai 2009

"L¹ampleur et la durée du mouvement étudiant et enseignant qui touche les
universités depuis bientôt 4 mois, nécessitait la mise en place de
mesures spéciales relatives à la validation des semestres et à la
possibilité de la tenue des examens.
Les mesures mises en place à l¹université sont satisfaisantes, mais ne
doivent pas nous faire oublier la gravité des reformes mises en place
par le gouvernement.
Ainsi, nous réaffirmons notre opposition inconditionnelle, à la LRU,
et aux réformes et décrets dits, de la masterisation de la formation des
enseignants, du statut des enseignants-chercheurs, du contrat doctoral
unique, qui visent à dégrader la qualité de l¹enseignement au profit
d¹économies budgétaires.
Nous tenons également à exprimer nos inquiétudes quant au comportement de
Valérie Pecresse et Xavier Darcos, dont les dernières déclarations sur la
validation des diplômes visent à provoquer le monde universitaire et à
décrédibiliser des inquiétudes pourtant légitimes.
Nous témoignons de nos inquiétudes quant au traitement médiatique du
mouvement qui semble de plus en plus acquis à la cause gouvernementale et
est en partie responsable de l¹enlisement du conflit.
Enfin, nous condamnons la criminalisation qui est faite de la contestation
(évacuation d¹universités par les CRS, arrestations arbitraires,Š). Nous ne
pouvons concevoir, que dans un pays démocratique la seule réaction du
gouvernement face aux mouvements sociaux en cours soit le déploiement d¹un
arsenal sécuritaire particulièrement violent.
Nous considérons que la situation de crise sans précédent dans laquelle se
trouvent les universités, résulte du mépris et de l¹absence totale d¹écoute
du gouvernement. Ils sont responsables de cette situation, et le mouvement
dans les universités n¹a pas à porter le poids de cette stratégie dangereuse
qui vise au pourrissement du mouvement."

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24 mai 2009

Bonnes vacances à toutes et tous !!!

23 mai 2009

 

Non au coup de force gouvernemental ! L’Université ne se laissera pas humilier !

Appel de la Coordination Nationale Formation Des Enseignants (CNFDE), 22 mai 2009

La mobilisation des formateurs dans les UFR et les IUFM a permis de faire reculer le gouvernement, principalement sur les échéances. Mais aujourd’hui, il prépare un coup de force pour promulguer avant l’été les décrets modifiant le recrutement des enseignants. Sans attendre la fin des travaux de la « commission de concertation », dont le rapport doit être remis le 15 juillet, il a inscrit l’examen de ces décrets à l’ordre du jour de la Commission paritaire technique ministérielle (CTPMEN) du 27 mai et du Conseil supérieur de la fonction publique d’État du (CSFPE) du 12 juin :

  • La « réforme » est en marche pour 2011, une « réforme » qui conserve toute sa nocivité (l’année bac + 5 à la charge des étudiants, une année de M2 ingérable où il faudra concilier préparation au concours, mémoire de recherche et stages éventuels, la fin de la formation en alternance…). Elle contient toujours les dispositions qui, tout à la fois, mettraient en péril les masters recherche et feraient disparaître les IUFM. Au total, on assisterait à une dégradation de la qualification réelle des enseignants débutants, tant du côté de la maîtrise des savoirs académiques que de celui des compétences professionnelles, et par voie de conséquence, de la qualité du service public d’éducation.
  • Le dispositif prévu pour l’année dite transitoire 2010-2011 cumulerait les inconvénients pour les lauréats : exclus de la reconnaissance de leur formation au niveau master, privés de la « revalorisation », privés de formation initiale en IUFM, ils auraient, certains pour la première fois, à prendre en charge des élèves pour 2/3 de leur temps de service (contre 1/3 aujourd’hui).

Dans quelle république sommes-nous ? Le gouvernement s’exonère de la responsabilité des grèves que les universitaires et étudiants ont dû décider démocratiquement pour protéger l’Université, la recherche et la formation des maîtres contre sa politique de saccage. Mais cela ne suffit pas, il érige maintenant la provocation et l’humiliation en mode de gouvernement. Comment qualifier autrement les déclarations où il fait passer les opposants à sa politique universitaire pour une petite bande d’activistes professionnels ? Comment qualifier autrement son mépris pour les membres de la commission Marois-Filâtre à qui il demande de réfléchir à la formation des maîtres tout en installant le cadre juridique de sa « réforme » ?

Face à la gravité du coup de force, face à cette nouvelle humiliation publique de l’Université, l’action doit se poursuivre et s’amplifier, la riposte doit s’organiser sans délai :

  • en demandant le retrait immédiat des décrets sur le recrutement des enseignants de l’ordre du jour des instances consultatives (CTPMEN et CSFPE) ;
  • en alertant partout les Présidents d’Université, les directeurs d’IUFM, les représentants syndicaux, les élus, parlementaires et élus territoriaux… ;
  • en faisant connaitre les textes et les documents qui émanent de la CNFDE et qui permettent de faire valoir ce que demandent les formateurs.

À la demande de nombreux collectifs, le secrétariat de la CNFDE décide de réunir la quatrième coordination nationale. Celle-ci se déroulera samedi 6 juin à Paris, à partir de 9 h 30 (le lieu sera précisé prochainement).

Le secrétariat de la CNFDE prend contact dès maintenant avec la CPU, la CDIUFM, les organisations syndicales, les syndicats étudiants et associations de parents d’élèves, la coordination nationale des universités, les sociétés savantes, les mouvements pédagogiques… pour les inviter à cette quatrième coordination nationale et pour réunir au plus tôt les conditions d’une riposte à la hauteur des enjeux.

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14 mai 2009

Analyse de Sylvie Plane (Collectif Former des maîtres du snessup et Coordination Pour la Formation)

Si je comprends bien les communiqués, le ministère est resté campé sur  sa position :
- mis à part la reconduction des concours pour l'année 2010 concédée il  y a déjà plusieurs mois, depuis lors il n'a pris en compte aucun de nos arguments.
- le fait que l'année suivant l'obtention du concours, les lauréats  aient le statut de stagiaires n'est pas une concession ministérielle : le  passage par le statut de stagiaire est une étape réglementaire incontournable.
- mais l'augmentation du service d'enseignement durant cette période  est un choix ministériel : il y a deux ans, les stagiaires,  assuraient I/4 de service ; depuis deux ans ils assurent 1/3 de service. Le ministère  prévoit
qu'ils assureront désormais 2/3 de service, alors qu'ils ont suivi la  même formation initiale et passé le même concours que les promotions qui les  ont précédés. La seule justification est économique.

L'année de stage sera intenable pour les jeunes lauréats.
Au primaire, ils ont la charge d'une classe 3 jours sur 4; ou bien - hypothèse plus probable - ils assureront 3 décharges de directeurs dans trois établissements différents : le lundi en CP, le mardi en CM, le  jeudi en maternelle...
Dans le secondaire, les stagiaires de lettres se verront confier 3  classes de français en collège ou en lycée, ceux d'histoire-géo 4 classes, ceux d'anglais 5 classes... Nécessairement sur des niveaux différents.
  Quelle disponibilité intellectuelle ces jeunes collègues auront-ils ?
Il faudra les équiper d'un kit de survie et d'adresses Internet où ils trouveront des séquences de cours toutes prêtes.
Est-ce cela qu'on appelle élever le niveau de recrutement des  enseignants?
Cela est inacceptable
Sylvie Plane

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