14 juin 2009
Rencontre Artois / IUFM
Collègues de l'IUFM et collègues de l'université d'Artois organisent à Arras, ce mercredi 17 juin, de 14h à 17h, une réunion débat sur la formation des enseignants. La réunion, initialement prévue à l'IUFM, aura lieu au Bâtiment Lettres de l'Université (le premier, à droite après la grille d'entrée rue du Temple), salle LM11 (1er étage).
Seront abordés :
- l'analyse des décrets en préparation du Ministère sur la formation
des Professeurs des Ecoles et des enseignants des lycées et collèges,
décrets qui peuvent être publiés dès cet été ;
- les propositions alternatives de formation des enseignants,notamment
après la rencontre nationale de la Coordination Nationale de la
Formation des Enseignants du 6 juin dernier ;
- les actions possibles face à la politique actuelle du Ministère dès
la rentrée.
Tous les collègues, étudiants, acteurs du service public d'éducation sont les bienvenus.
11 juin 2009
Motions votées par la Coordination Nationale pour la Formation des Enseignants, samedi 5 juin
MOTION 1
: RETRAIT
IMMÉDIAT DE
LA NOTE DE SERVICE HETZEL DU 5 JUIN
Alors que le ministère de
l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets, hier,
5 juin, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a
anticipé sur leur publication. Il adressé aux présidents d’universités
et aux recteurs une note de service qui les engage à commencer la mise
en œuvre de la réforme de la formation des maîtres par la délivrance
d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours
de recrutement de 2010.
Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il
s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été
promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation
des enseignants, cette note anticipe une réforme qui, pour l’instant,
n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des
ministres, mais n’a aucune existence juridique.
C’est une nouvelle provocation envers la communauté universitaire, les
enseignants et les formateurs des UFR et des IUFM. C’est une nouvelle
humiliation pour les instances universitaires : ce texte est envoyé
aux présidents d’université alors que les ministères ont mis en place
la commission dite de « concertation » Marois-Filâtre, qui a à peine
commencé ses travaux.
C’est un déni de la volonté des instances universitaires, qui ont
refusé de la façon la plus massive et la plus catégorique le projet de
réforme gouvernemental. Et c’est une façon perverse de concevoir
l’autonomie des universités puisqu’on leur dit en somme : mettez en
œuvre de la manière qui vous conviendra cette réforme dont vous ne
voulez pas.
C’est une atteinte sans précédent à l’égalité des étudiants : les
critères d’attribution des équivalences pourront être « modulés »
d’une université, d’une UFR ou d’un IUFM à l’autre. Qui pourra assurer
que l’équivalence accordée à Lille le serait à Toulouse, que
l’équivalence accordée en maths ici le serait en espagnol là ? Ce
texte ébranle le cadre national des diplômes et porte atteinte à la
souveraineté des jurys.
On peut s’étonner que le ministère, qui s’est affirmé récemment si
soucieux de préserver la valeur des diplômes et leur contenu,
improvise ainsi des critères de validation fantaisistes.
La Coordination nationale formation des enseignants demande au
ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’annuler ce
texte. Elle demande aux syndicats d’attaquer cette note de service par
tous les moyens, de ne pas participer aux auditions de la commission
Marois-Filâtre et de se retirer des « groupes de travail ». Elle
appelle les instances universitaires à refuser d’appliquer cette note
et à exiger son annulation. Elle appelle la Conférence des présidents
d’universités et la CDIUFM à refuser dès aujourd’hui de continuer à
siéger dans la commission Marois-Filâtre tant que ce texte et les
projets de décrets sur le recrutement des enseignants ne sont pas
retirés.
MOTION 2
: PROPOSITIONS
D'ACTIONS
La CNFDE appelle à la poursuite de
l'action sous toutes ses formes, pour mettre en échec le putsch
gouvernemental et la promulgation à marche forcée des décrets
modifiant le recrutement et la formation des enseignants.
•
La CNFDE, en accord avec la Coordination Nationale des Universités,
appelle à l'unanimité tous les syndicats à voter contre les décrets
lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin
2009.
•
La CNFDE va proposer à tous les signataires de l'appel « Formation
des enseignants : le temps presse ! » un nouvel appel demandant le
retrait des projets de décrets et la reconduction pour 2010 des
dispositifs actuels de recrutement et de formation des enseignants.
Une conférence de presse sera organisée pour le lancement de cet appel.
•
La CNFDE recommande à tous les jurys (concours, examens,
qualification professionnelle) d'utiliser tous les moyens possibles
pour exprimer leur condamnation de la réforme gouvernementale :
rétention de notes, motions, blocage administratif.
•
La CNFDE appelle à organiser dans chaque université le blocage
administratif de l'application de la circulaire Hetzel du 5 juin (voir
la déclaration ci-dessous) : pas de remontée des maquettes de masters
« enseignement », pas de mise en place des équivalences de M1 et M2,
les PLC1 doivent être inscrits administrativement dans les IUFM.
•
La CNFDE appelle à prévoir, à organiser et à annoncer dès maintenant
des actions dès la rentrée : grèves sous toutes leurs formes,
manifestations, diffusions de tracts, etc.
•
La CNFDE appelle à l'organisation, dans chaque établissement, de
journées d'étude et de concertation réunissant des formateurs des IUFM
et des UFR pour élaborer collectivement une autre réforme de la
formation des enseignants. Le CNFDE fera des propositions pour
coordonner ces assises locales et leur donner une visibilité nationale.
•
La CNFDE appelle à participer aux manifestations du 12 juin devant le
CSFPE, du 13 juin, et à toutes les manifestations qui pourraient être
organisées, localement ou nationalement, dans le cadre du mouvement de
refus des contre-réformes gouvernementales.
•
La CNFDE appelle à organiser partout, et en particulier en direction
des parents d'élèves et des lycéens passant le bac, des distributions
de tracts (et spécialement le 4 pages « École en danger ») expliquant
les raisons de notre mouvement.
Motion 3
: AMÉLIORER LA
FORMATION DES ENSEIGNANTS :
SUR QUELS PRINCIPES ?
Modifier en profondeur la formation des
enseignants, c’est s’engager sur le long terme. Concevoir une réforme
demande donc du temps, des espaces de négociation avec toutes les
parties prenantes. C’est pourquoi il faut reconduire immédiatement et
intégralement les modalités, conditions et plans de formation pour les
lauréats des concours de 2010. Une réforme de la formation des
enseignants doit être conforme aux principes suivants :
1. Le recrutement des enseignants des
1er et 2nd degrés doit s’opérer
systématiquement à travers des concours nationaux donnant lieu, pour
les lauréats, à l’obtention d’un poste de fonctionnaire d’État.
2. Le recrutement des PLC certifiés, des PE et des PLP
doit se réaliser au même niveau du cursus universitaire.
3. Un cadre national doit garantir l’unité des formations
et la qualité des recrutements.
4. La formation initiale professionnelle et rémunérée
après le concours, avec un statut de fonctionnaire stagiaire, doit
avoir lieu sous la responsabilité des IUFM, écoles professionnelles
interuniversitaires, dont le potentiel actuel doit être préservé et
renforcé. Durant l’année post-concours, la formation doit respecter
l’équilibre suivant : 1/3 du temps pour la prise en charge de classes
en responsabilité, 2/3 pour l’analyse de pratique et les autres modes
de formation.
5. Une formation des enseignants de qualité doit être une
formation en alternance, mobilisant des équipes de formateurs
pluricatégorielles.
6. La formation continue doit être d’emblée articulée au
dispositif de formation initiale. Celle-ci doit comprendre aussi un
accompagnement à l’entrée dans le métier.
7. Nous demandons une structure académique
interuniversitaire pour la formation initiale, la formation continue
et la recherche en éducation, intégrant le potentiel de formation et
de recherche des IUFM et permettant de renforcer les coopérations
entre les UFR et les IUFM dans les formations académiques et
professionnelles.
8. Il faut développer la formation continue de tous les
formateurs d’enseignants, quelle que soit leur catégorie.
9. Compte tenu des besoins actuels, il faut augmenter le
nombre de postes mis au concours et assurer sa visibilité à moyen
terme à travers un plan pluriannuel de recrutement.
10. Les étudiants se destinant aux métiers de
l’enseignement doivent bénéficier d’allocations d’étude ou de
dispositifs de prérecrutement.
11. Nous refusons la juxtaposition dans la même année du
M2, des épreuves des concours, des stages en responsabilité, etc. qui
en ferait une année ingérable, aboutirait à dévaloriser les masters et
inciterait au bachotage.
12. Toute réforme doit aboutir à une véritable
amélioration de la qualification professionnelle des enseignants.
Le temps a manqué pour aborder les points suivants, sur lesquels
il faudra approfondir la discussion :
• La formation actuelle des enseignants à Bac + 5, dans le
cadre universitaire, doit être reconnue par la délivrance d’un master.
• La revalorisation, qui doit bénéficier à l’ensemble des enseignants
et des personnels, ne doit pas être dépendante de la réforme de la
formation.
• Place des concours : L3, M1, M2, après M2 ?
• Modalités de financement des études : allocations d’étude,
allocation de formation, prérecrutement…
• Articulation formation-recherche : initier tous les enseignants aux
démarches de la recherche (scientifique, didactique et pédagogique) ;
la formation prend appui sur les recherches.
• Possibilité de réorientation.
• Préprofessionnalisation en licence.
Motion type sur la note Hetzel :
Ce texte est proposé pour être voté dans toutes les instances qui ont
trait à la formation des enseignants (jurys, Conseils d'université,
UFR, collèges disciplinaires,...) avec les adaptations utiles.
NOUS REFUSONS
DE METTRE EN ŒUVRE LA NOTE HETZEL
Alors que le ministère de l’éducation
nationale cherche à imposer ses projets de décrets modifiant le
recrutement des enseignants, le ministère de l’enseignement supérieur
et de la recherche anticipe sur leur publication avec la note de
Patrick Hetzel, Directeur de la DGESIP, sur la délivrance
d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours
de recrutement de 2010, note qu’il a adressée le 5 juin aux présidents
d’universités et aux recteurs.
Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, ce texte anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.
Nous refusons de contribuer, quelles qu’en soient les modalités, à l’application de la note Hetzel et à la définition des critères de délivrance des équivalences de M1 et M2.
10 juin 2009
Réaction de Darcos
Dépêche AEF du 10 juin, 14 h 27
Masterisation : « J'aime beaucoup la CPU mais je pense surtout aux
étudiants » (Xavier Darcos)
« C'est un petit épisode sur une période longue, de 7 à 8 mois [de
travail] qui a eu ses hauts et ses bas », déclare Xavier Darcos,
ministre de l'Éducation nationale mercredi 10 juin 2009, commentant
la décision de la CPU de suspendre sa participation à la commission
Marois-Filâtre (L'AEF n°115327). Cette décision intervient alors que
« le ministère de l'Éducation nationale refuse de revenir sur les
dispositions permanentes des décrets relatifs au recrutement des
enseignants » (L'AEF n°114946), qui « anticipent le résultat des
travaux de la commission Marois-Filâtre », explique la CPU.
« Ça s'est tendu, mais pas beaucoup non plus ! Il ne faut pas
exagérer », nuance Xavier Darcos, « Nous allons continuer à
travailler de la bonne manière. Je pense que l'on peut considérer que
les choses avancent », ajoute le ministre. « J'aime beaucoup la CPU
(…) mais je pense surtout aux étudiants », se destinant aux carrières
de l'enseignement, et qui ne peuvent pas attendre « octobre » pour
savoir comment se déroulera leur année.
Le ministre affirme « travailler beaucoup » sur le dossier de la
masterisation, qui fait l'objet d'un « consensus », estime-t-il. Les
décrets statutaires validant la masterisation font l'objet d'un
examen devant plusieurs « instances », explique Xavier Darcos, avant
un passage en Conseil d'État.
« À ma grande surprise », ironise le ministre, le CTPM du 28 mai a
d'ailleurs adopté ces projets de décrets (L'AEF n°114728). La FSU
s'est abstenue, rappelle-t-il, ce qui « revient à ne pas voter contre
».
Communiqué de la CPU
La CPU quitte la commission Marois-Filâtre
03 juin 2009
COMMUNIQUÉ DE LA FCPE (27/05/09) : "LA FCPE REFUSE QUE LA FORMATION PROFESSIONNELLE DES ENSEIGNANTS SOIT ANÉANTIE"
Information publiée le jeudi 28
mai 2009 par Fabula (source : Coordination
Nationale des Universités)
Avec la suppression des IUFM, l'État se désengage de la formation de ses personnels pour la confier aux universités mises en concurrence. Cela ouvre la voie à une privatisation de cette formation. L'accord signé par l'Etat avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par les universités catholiques est-il en rapport avec ce choix ?
Non, les parents d'élèves ne
veulent pas d'enseignants non formés. Enseigner est un métier qui s'apprend !
26 mai 2009
Les voies de la démocratie laïque...
Accords Vatican-Kouchner : la riposte s'organise
L'action en vue de l'annulation du décret publiant l'accord avec le Vatican s'organise. Rappelons brièvement de quoi il s'agit.
Le
18 décembre dernier la France a signé avec le Saint Siège un traité
international permettant aux établissements d'enseignement supérieur
habilités par la Congrégation pour l'éducation catholique de délivrer
des grades et des diplômes. Rappelons incidemment que l'État du Vatican
est une théocratie dans laquelle le pape dispose d'un pouvoir absolu
sans contre pouvoirs institutionnels. La séparation des pouvoirs
législatif, exécutif et judiciaire y est évidemment absente en revanche
la confusion entre pouvoirs spirituel et temporel est totale. Cette
double qualité du Saint Siège, à la fois acteur international et
autorité religieuse est source d'ambiguïtés entrainant dans le présent
cas plusieurs illégalités manifestes. Ces caractéristiques intrinsèques
expliquent en partie que le Vatican ne soit ni membre de l'ONU (en tant
qu'État partie) ni membre de l'Union Européenne qui impose des
conditions démocratiques pour toute admission.
Cet accord international avec le Saint Siège fut publié par décret n° 2009-427 du 16 avril 2009. Il
ne s'agit pas dans le cas présent d'une simple reconnaissance
d'équivalence comme il en existe avec les États européens, mais d'une
capacité nouvelle donnée à un État étranger (le Vatican) de délivrer
des grades et des diplômes sur le territoire d'un autre État souverain
: la France.
Le protocole additionnel précise que « les Universités catholiques et
les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le
Saint Siège » et établis sur le territoire français pourront délivrer
l'ensemble des diplômes et grades dans toutes les spécialités.
Une saisine du Conseil d'Etat pour excès de pouvoir est en préparation.
Une conférence de presse est prévue le 3 juin à 11h à l'Assemblée nationale avant le dépôt de la saisine.
Plusieurs députés préparent un projet de loi rappelant le caractère intangible du monopole de la collation des grades.
Outre la pétition qui a recueilli à ce jour 6700 signatures, chaque citoyen est invité à interpeller le gouvernement en envoyant une lettre au Premier ministre s'inspirant du texte à télécharger ici.
Informations sur le blog du Collectif pour la promotion de la laïcité.
Info tirée du blog mezetille.net de Catherine Kintzler; reprise par fabula
Décrets instaurant la « masterisation »
Alors que la commission
Marois-Filâtre chargée de déminer l’épineux dossier de la réforme de la
formation des enseignants doit rendre ses conclusions le 15 juillet,
les projets de décrets instaurant la « masterisation » viennent d’être
publiés (!!!) Ils doivent passer en comité technique paritaire ministériel
(CTPM) le 27 mai, et au conseil supérieur de la fonction publique le 12
juin (médiapart 21 mai 2009 avec reprise par fabula).
Voici les décrets en question :
d_cret_PE_15_05_09__1_
D_cret_PE_Polyn_sie_15_05_09__1_
d_cret_certifi_s_15_05_09
d_cret_agr_g_s_15_05_09__1_
d_cret_agr_g_s_15_05_09__1_
Motion adoptée par le CEVU de l'université d'Artois le 20 mai 2009
"L¹ampleur et la durée du mouvement étudiant et enseignant qui touche les
universités depuis bientôt 4 mois, nécessitait la mise en place de
mesures spéciales relatives à la validation des semestres et à la
possibilité de la tenue des examens.
Les mesures mises en place à l¹université sont satisfaisantes, mais ne
doivent pas nous faire oublier la gravité des reformes mises en place
par le gouvernement.
Ainsi, nous réaffirmons notre opposition inconditionnelle, à la LRU,
et aux réformes et décrets dits, de la masterisation de la formation des
enseignants, du statut des enseignants-chercheurs, du contrat doctoral
unique, qui visent à dégrader la qualité de l¹enseignement au profit
d¹économies budgétaires.
Nous tenons également à exprimer nos inquiétudes quant au comportement de
Valérie Pecresse et Xavier Darcos, dont les dernières déclarations sur la
validation des diplômes visent à provoquer le monde universitaire et à
décrédibiliser des inquiétudes pourtant légitimes.
Nous témoignons de nos inquiétudes quant au traitement médiatique du
mouvement qui semble de plus en plus acquis à la cause gouvernementale et
est en partie responsable de l¹enlisement du conflit.
Enfin, nous condamnons la criminalisation qui est faite de la contestation
(évacuation d¹universités par les CRS, arrestations arbitraires,Š). Nous ne
pouvons concevoir, que dans un pays démocratique la seule réaction du
gouvernement face aux mouvements sociaux en cours soit le déploiement d¹un
arsenal sécuritaire particulièrement violent.
Nous considérons que la situation de crise sans précédent dans laquelle se
trouvent les universités, résulte du mépris et de l¹absence totale d¹écoute
du gouvernement. Ils sont responsables de cette situation, et le mouvement
dans les universités n¹a pas à porter le poids de cette stratégie dangereuse
qui vise au pourrissement du mouvement."
24 mai 2009
Bonnes vacances à toutes et tous !!!
23 mai 2009
Non au coup de force gouvernemental ! L’Université ne se laissera pas humilier !
Appel de la Coordination Nationale Formation Des Enseignants (CNFDE), 22 mai 2009
La mobilisation des formateurs dans les UFR et les IUFM a permis de faire reculer le gouvernement, principalement sur les échéances. Mais aujourd’hui, il prépare un coup de force pour promulguer avant l’été les décrets modifiant le recrutement des enseignants. Sans attendre la fin des travaux de la « commission de concertation », dont le rapport doit être remis le 15 juillet, il a inscrit l’examen de ces décrets à l’ordre du jour de la Commission paritaire technique ministérielle (CTPMEN) du 27 mai et du Conseil supérieur de la fonction publique d’État du (CSFPE) du 12 juin :
- La « réforme » est en marche pour 2011, une « réforme » qui conserve toute sa nocivité (l’année bac + 5 à la charge des étudiants, une année de M2 ingérable où il faudra concilier préparation au concours, mémoire de recherche et stages éventuels, la fin de la formation en alternance…). Elle contient toujours les dispositions qui, tout à la fois, mettraient en péril les masters recherche et feraient disparaître les IUFM. Au total, on assisterait à une dégradation de la qualification réelle des enseignants débutants, tant du côté de la maîtrise des savoirs académiques que de celui des compétences professionnelles, et par voie de conséquence, de la qualité du service public d’éducation.
- Le dispositif prévu pour l’année dite transitoire 2010-2011 cumulerait les inconvénients pour les lauréats : exclus de la reconnaissance de leur formation au niveau master, privés de la « revalorisation », privés de formation initiale en IUFM, ils auraient, certains pour la première fois, à prendre en charge des élèves pour 2/3 de leur temps de service (contre 1/3 aujourd’hui).
Dans quelle république sommes-nous ? Le gouvernement s’exonère de la responsabilité des grèves que les universitaires et étudiants ont dû décider démocratiquement pour protéger l’Université, la recherche et la formation des maîtres contre sa politique de saccage. Mais cela ne suffit pas, il érige maintenant la provocation et l’humiliation en mode de gouvernement. Comment qualifier autrement les déclarations où il fait passer les opposants à sa politique universitaire pour une petite bande d’activistes professionnels ? Comment qualifier autrement son mépris pour les membres de la commission Marois-Filâtre à qui il demande de réfléchir à la formation des maîtres tout en installant le cadre juridique de sa « réforme » ?
Face à la gravité du coup de force, face à cette nouvelle humiliation publique de l’Université, l’action doit se poursuivre et s’amplifier, la riposte doit s’organiser sans délai :
- en demandant le retrait immédiat des décrets sur le recrutement des enseignants de l’ordre du jour des instances consultatives (CTPMEN et CSFPE) ;
- en alertant partout les Présidents d’Université, les directeurs d’IUFM, les représentants syndicaux, les élus, parlementaires et élus territoriaux… ;
- en faisant connaitre les textes et les documents qui émanent de la CNFDE et qui permettent de faire valoir ce que demandent les formateurs.
À la demande de nombreux collectifs, le secrétariat de la CNFDE décide de réunir la quatrième coordination nationale. Celle-ci se déroulera samedi 6 juin à Paris, à partir de 9 h 30 (le lieu sera précisé prochainement).
Le secrétariat de la CNFDE prend contact dès maintenant avec la CPU, la CDIUFM, les organisations syndicales, les syndicats étudiants et associations de parents d’élèves, la coordination nationale des universités, les sociétés savantes, les mouvements pédagogiques… pour les inviter à cette quatrième coordination nationale et pour réunir au plus tôt les conditions d’une riposte à la hauteur des enjeux.
14 mai 2009
Analyse de Sylvie Plane (Collectif Former des maîtres du snessup et Coordination Pour la Formation)
Si je comprends bien les communiqués, le ministère est resté campé sur
sa
position :
- mis à part la reconduction des concours pour l'année 2010 concédée il
y a
déjà plusieurs mois, depuis lors il n'a pris en compte aucun de nos
arguments.
- le fait que l'année suivant l'obtention du concours, les lauréats
aient le
statut de stagiaires n'est pas une concession ministérielle : le
passage par
le statut de stagiaire est une étape réglementaire incontournable.
- mais l'augmentation du service d'enseignement durant cette période
est un
choix ministériel : il y a deux ans, les stagiaires, assuraient I/4 de
service ; depuis deux ans ils assurent 1/3 de service. Le ministère
prévoit
qu'ils assureront désormais 2/3 de service, alors qu'ils ont suivi la
même
formation initiale et passé le même concours que les promotions qui les
ont
précédés. La seule justification est économique.
L'année de stage sera intenable pour les jeunes lauréats.
Au primaire, ils ont la charge d'une classe 3 jours sur 4; ou bien -
hypothèse plus probable - ils assureront 3 décharges de directeurs dans
trois établissements différents : le lundi en CP, le mardi en CM, le
jeudi
en maternelle...
Dans le secondaire, les stagiaires de lettres se verront confier 3
classes de français en collège ou en lycée, ceux d'histoire-géo 4 classes, ceux
d'anglais 5 classes... Nécessairement sur des niveaux différents.
Quelle disponibilité intellectuelle ces jeunes collègues auront-ils ?
Il faudra les équiper d'un kit de survie et d'adresses Internet où ils
trouveront des séquences de cours toutes prêtes.
Est-ce cela qu'on appelle élever le niveau de recrutement des
enseignants?
Cela est inacceptable
Sylvie Plane







